MAP 2007

Ammouri M’barek, le rénovateur de la musique amazigh

 

 

Ammouri M’barek, ce rénovateur de la musique et de la chanson amazighes était tout bonnement là vendredi soir à Fès donnant au complexe culturel Al Houria de Fès, face à un auditoire unanimement conquis par l’originalité fougueuse de cet artiste atypique, un concert fabuleux et fantastique .

 

Entouré et accompagné de son groupe de musiciens qui ont joué d’instruments modernes et traditionnels , Ammouri M’barek, lui fut tout simplement une bête de scène parvenant à interpréter durant les deux heures de son concert des chants amazighs envoûtants, extraits de son nouvel album « Afoulki ».

 

La vedette, qui a fait ses preuves dès les années soixante dix sur les scènes marocaines et européennes en particulier à l’Olympia de Paris, le Palais des Beaux arts de Bruxelles et le Palais d’hiver de Lyon, a dans sa simplicité généreuse et naturelle émerveillé son auditoire . Talentueux, Ammouri M’Barek a réussi au cours de sa prestation à instaurer un véritable dialogue spirituel avec son public grâce à la chaleur de sa voix, aux anecdotes racontées avec une telle spontanéité et à la musique où s’entremêle toutes les influences du monde moderne extérieur.

 

Cet artiste qui milite à sa manière pour le dialogue et la tolérance des cultures a fait de son concert un moment de répit, un instant de réflexion de par l’interprétation chantée des grands thèmes de l’heure que sont les préoccupations existentielles de l’être, l’air du temps, le déracinement, l’exil ou encore l’immigration et la condition féminine.

 

Puisant dans un répertoire de poètes et intellectuels engagés mais aussi de maximes populaires de compagnons de route, tels que Ali Saki Azaïkou, Mohammed Moustaoui et Ouariachi Merzouk, Ammouri M’barek que plusieurs considèrent comme le rénovateur de la chanson amazigh, fut une belle et authentique révélation pour la ville de Fès, de par son chant, sa chaleur innée, sa grandeur artistique et son humilité.

 

Ce grand seigneur du Sud marocain, originaire d’un petit village près de Taroudant a aujourd’hui 57 ans. Son enfance qui a connu l’orphelinat, a fait de lui un artiste accompli qui s’est imposé pour mieux vivre son identité et devenir selon des témoignages le symbole emblématique de la chanson amazighe.

 

Vivant son amazighité, il en devient l’ambassadeur en la chantant et la composant pour mieux la faire connaître à travers le monde.

 

Cet artiste atypique et pluriel, a été dans ce rendez-vous fassi, déroutant pour être dans sa finalité, fabuleux et fantastique. Il a ainsi levé le voile sur un des pans de la culture et de l’art marocains en jouant de sa guitare électrique, chantant et dansant créant ainsi une ambiance électrique pour son auditoire composée d’une jeunesse emportée et d’éminences prisant ce genre de musique.

 

Le succès de cette belle soirée dont les rythmes anglo-saxons rappellent les airs de Jazz et de Blues mais dont les paroles profondes sont respectueuses de l’authenticité, a été palpable. L’artiste, dans sa tradition, est à la hauteur de son talent, de sa vocation, de la reconnaissance de ses pairs.

 

Humaniste, il a établi un pont entre les êtres différents et différenciés et réconcilié les âmes les plus fortes car dans son concert, il a associé tout l’auditoire en lui traduisant en langue française, les paroles amazigh chantées pour les inciter à la découverte de la profusion culturelle puis sans aucun doute à l’adhésion. Quant à la musique composée, inspirée des multiples pérégrinations de l’artiste, elle fut forte et libre. Elle était un air de fête pour devenir ce trait d’union entre le passé et le présent et un tremplin vers le futur.

 

Source : MAP  mercredi 17 janvier 2007

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